Fayulu bouleversé par les positions de Kamerhe et de Tshisekedi

Le candidat commun élu de l’opposition, Martin Fayulu, visiblement déboussolé, a réagi à chaud, ce lundi 12 novembre 2018 sur les antennes de TV5 Monde, en raison du récent retrait de signatures de Félix Tshisekedi et de Vital Kamerhe de l’accord de Genève.

Le candidat plébiscité Martin Fayulu, répondant à l’une des questions des chevaliers la plume qui l’interrogeaient, a fait savoir, le ton contrarié, que si l’opposition commençait à se comporter comme le pouvoir en place, notamment en ne respectant pas les textes, cela s’avérerait très grave pour l’avenir du pays.

« Nous avons pris l’engagement ferme de ne pas violer cet accord, et aujourd’hui, quel signal donnons-nous aux enfants et à la population ? Surtout nous, de l’opposition, qui disons tout le temps que le pouvoir kabiliste ne respecte pas les textes, ne respecte pas la constitution, si nous-mêmes, déjà, commençons à ne plus respecter nos textes, c’est grave », a constaté Martin Fayulu, qui a été relayé par la presse kinoise dans la soirée.

Donnant l’air déterminé, bien que frappé par ce coup inattendu quelques heures à peine après sa désignation, le candidat commun de l’opposition affirme même manquer de mots face à ce virement de situation à 180 degrés. « Je suis allé à cette réunion avec l’idée de se mettre ensemble pour battre le camp Afdl. Et j’avais bien annoncé que si ce n’était pas moi, j’allais tout de même en accepter le verdict. Et s’il s’agissait de moi, je serais le porte-étendard de ce mouvement qui veut des élections libres, transparentes, apaisées et inclusives sans la machine à voter », a-t-il ajouté comme pour conclure.

Pendant ce temps que ceux sur qui le peuple avait pensé pouvoir compter pour sortir des enfantillages d’une honteuse absence de consensus, il reste sur sa soif, et plusieurs analystes s’interrogent sur la suite du processus électoral, dans ce contexte où l’opposition, qui donnait des raisons de nourrir la foi des électeurs impatients, vient d’étaler à la face du monde une grave faille, à moins de quarante jours des élections. Pendant ce temps, des échanges auraient lieu en catimini, entre ces deux leaders de l’opposition, sur l’attitude qu’ils pourraient adopter en cette brève période les séparant du scrutin.

Pour rappel, l’Udps de Félix Tshisekedi et l’Unc de Vital Kamerhe avaient annoncé, quelques heures à peine après leur engagement écrit en Suisse, le retrait de leurs signatures de l’Accord de Genève de ce lundi, suite, a prétendu Vital Kamerhe, au refus de leurs différentes bases d’approuver la désignation de Martin Fayulu comme porte-étendard et candidat commun de l’opposition, avec la modération et grâce à l’appui financier de la fondation Koffi Annan.

Pacifique Muliri