Coups de gueule des hommes indignés !

Nous pensions que le message était imprimé dans le cerveau reptilien des hommes. On ne touche pas à une femme sans son consentement ! Qu’elle soit votre femme, votre fille, ou votre sœur ! La femme est sacrée !!!

Depuis quelques jours nous assistons dans la ville de Bukavu, à des actes plus qu’affligeants. Des jeunes filles à qui l’on arrache les habits, et cela en pleine rue, en plein jour, au vu et au su de tous. Quel est leur crime ? On reproche à ces jeunes femmes d’être tout simplement habillées. D’avoir porté un pantalon, ou une jupe que leurs agresseurs estiment trop courte à leur goût. Tiens en parlant des mini-jupes, c’est à partir de combien de centimètres, en partant du nombril que ces gardiens autoproclamés de la moralité congolaise estiment qu’une jupe est courte ?

Jusqu’à preuve du contraire, nous vivons dans une Démocratie, un Etat libre qui garantit le droit aux filles (et fils) de ce pays de s’habiller comme bon leur semble, bien entendu en respectant des règles élémentaires de la bienséance et de la décence. La question que l’on peut se poser est : en quoi le fait, pour une fille de porter un pantalon nuit-il aux règles de la bienséance congolaise ? Et qui sont ces agresseurs, déguisés en gardiens de la moralité congolaise qui humilient et traînent dans la poussière la réputation de nos femmes, nos filles, sœurs ? De quel droit le font-ils ? Je n’ai pas as vu une circulaire du Ministère des Affaires Sociales disant que les femmes, les jeunes filles ne doivent plus porter des jupes et des pantalons. Selon une rumeur, que j’espère infondée, c’est la Première Dame qui aurait interdit les mini-jupes et les pantalons pour les filles. Si c’est le cas, je demande à l’Autorité compétente de se prononcer sur cette question, parce que la situation devient vraiment critique. Aujourd’hui c’est la jupe et le pantalon, demain ça sera quoi ? Toutes les congolaises en Burqa ? C’est à croire que nous vivons dans un Etat islamiste.

Allez-y expliquer aux jeunes étudiantes qui, chaque jour ouvrable prennent des motos pour se rendre à l’université de le faire en robe longue, ou en double pagne et tout ceci en Amazone sur une moto. Déjà ce n’est pas pratique, ensuite ce n’est pas sécurisant pour ces passagères sachant comment les motards roulent au mépris du code de la route. Il faudrait se gêner pour ne pas les gêner.

N’oublions pas que la plupart des clientes de ces motards, qui agressent ces jeunes femmes, sont justement ces jeunes étudiantes. Il ne faut pas que les motards pensent qu’ils ont le monopole de la grève. Ces jeunes femmes qui sont agressées peuvent décider aussi de ne plus prendre des motos jusqu’à ce que cesse ce comportement du temps moyenâgeux.

Nous croyions que mars était le mois des Femmes, que ce sont ELLES qui étaient à l’honneur, qu’ELLES avaient droit, l’espace des 31 jours à un peu plus de considération, de respect et…d’amour si ce n’est pas trop demander. Au lieu de cela, il faut rappeler que nous vivons dans un monde machiste, phallocrate. Il fallait rappeler que c’est l’homme qui pisse debout, que c’est lui qui porte (encore) la culotte comme si Elles avaient besoin qu’on le leur rappelle de la façon la plus abjecte qui soit : en la dénudant devant tout le monde.

Ce ne sont pas nos femmes, nos filles, nos sœurs qui sont immorales. Sont plutôt immoraux tous ces hommes en manque d’excitation qui s’érigent en brigades de mœurs autoproclamées et humilient nos femmes, nos sœurs, nos filles en ce mois de mars qui était censé être le leur.

Nous sommes des hommes, et nous ne cautionnons pas du tout ce comportement de certains de nos congénères.

  • Kibwana Iyanho

3 Comments

  1. Bel article. L’accoutrement n’a aucun rapport avec les revendications actuelles de la population. C’est une manière de nous de nous dérouter. Dans les anciens temps on s’habillait en cache sexe et c’était culturel et perçu comme normal, aujourd’hui c’est d’ailleurs mieux qu’avant. Il faut plutôt éduquer ces prétentieux qui veulent tout dramatiser. Dans un pays où les gens sont occupés par le travail il n’y a pas le temps à perdre dans ces conneries.

  2. Ce sont les yeux des hommes qui voient ces mini-jupes et ces colans. Eh! Bien! Qu’ils ferment leurs yeux! Nous avons besoins des têtes s qui réfléchissent les stratégies de développement et les coeurs décident le développement. Nous n’avons pas besoins des yeux qui voient du n’importe quoi.

  3. La femme ne peux pas etre un Objet de discrimination encore moin par les motards et les enfants de la rue. Nous sommes a l etape d exiger la realisation des droits de la femme et sa participation au processe politique et economique et non se focaLiser a leurs accoutrements. nous deplorons vraiment les actes de ces compatriotes a l egard de la femme. Eux qui veulent de femmes dinamiques,comment Aller a katasomwa dans le fond fin de kalehe au terrain avec des longues jupes ou pagnes pour pouvoir amener quelques choses a la maison? Comment faire le sport afin d avoir une femme en bonne sante avec des jupes? Nous sommes tous cense proteger les droits de la femme. On a depasser cette etape de marginalisation, des us et coutumes. Chers hommes la cohabitation doit etre parfaite dans tout et en toutes choses.
    Gaudence B

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