Mi-session en troubles

Les étudiants, dans toutes les universités et institutions supérieures sérieuses de la Rd Congo, sont en pleine session en cette période de l’année, la misession de février, l’appelle-t-on. Entendez par là, la période charnière de l’année où les étudiants sont soumis aux premières évaluations de l’année académique en cours, après avoir terminé certains cours inscrits à leurs programmes respectifs. Cette période est pourtant trouble dans plusieurs institutions d’enseignements supérieurs et universitaires de l’Etat dans la ville de Bukavu. Il se dégage deux éléments majeurs qui se simulent à travers cette situation. La décision du ministre de fixer le taux de paiement dans ces institutions à 92.000 Francs congolais pour un dollar américain. Mais aussi le tarifaire des polycopiées, dites abusivement syllabus-liste des erreurs- par nombre d’heures de cours. Cette attitude consacre le droit aux enseignants de s’enrichir au dos de leurs apprenants. Ainsi, le ministre s’intéresse aux épiphénomènes, aux friandises et aux cosmétiques, en oubliant le plus dur dans les universités congolaises. Nous avons cité la formation des cadres congolais capables de porter le pays vers des lendemains meilleurs…Déjà des scènes de viol et des violences
sexistes à l’égard des étudiantes se commettent dans ces sphères d’élite congolaise. C’est par exemple en 2013, lorsque trois étudiants de l’Université de Kinshasa, Unikin, avaient violenté et violé leur camarade nouvellement inscrite en première année de graduat. Cet épisode s’est soldé par le renvoi définitif des auteurs et co-auteurs de ces écarts comportementaux.
Par ailleurs, des étudiants de plusieurs universités réclament aujourd’hui juste la réduction des frais académiques.Les problèmes sociaux les intéressent moins. Et pourtant, ils constituaient, et constituent encore à ce jour, le fer de lance de la société congolaise. Ils ont abandonné ou ils ont carrément oublié les avantages auxquels ils ont droit dans le domaine de recherche ou de stage professionnel. Dans
les institutions telles que l’Institut Supérieur Pédagogique, ISP/Bukavu, des étudiants avaient droit à la restauration tous les jours de l’année. Ils obtenaient chaque mois une bourse d’études qui leur permettait de subvenir à leurs
besoins de première nécessité. Ils avaient des droits qui étaient, mutatis mutandis, respectés par l’Etat congolais, devenu plus tard, l’Etat zaïrois et aujourd’hui encore l’Etat congolais. Tous ces avantages auxquels avaient droit les étudiants dans les institutions étatiques se sont évanouies comme des ‘‘Grâces évanescentes’’, selon l’expression du Poète Muzalia Zamusongi. A l’époque de Mobutu, les étudiants manifestaient pour réclamer les meilleures conditions de vie de leurs parents ou de la société en général. En 1969, la marche des étudiants
réprimée dans le sang par les militaires du Colonel Mobutu, le putschiste de 1965, visait le bien-être social des Congolais de l’époque ; car des étudiants, soumis à la dictature mobutiste, réclamaient la démocratie. Et même si nombreux d’entre eux ont été déportés dans des camps militaires pour subir une formation forcée, quelques années plus tard, des réformes radicales avaient eu lieu au pays : recours à l’authenticité, 1971, débaptisation du pays. En 1974, la nationalisation de biens commerciaux, fonciers et immobiliers et la réappropriation nationale de l’économie et la distribution des richesses accumulées par les colonisateurs aux fils du pays. Même si l’opération n’a pas produit des résultats escomptés. Mais une certitude : Quand les jeunes se rebellent, la révolution frappe aux portes d’une nation.
Cependant, dans le chef des étudiants actuels, on ne note aucune innovation. Leurs revendications restent végétatives, pâles, indolentes
même et plusieurs fois manipulées. Le souci du social, de plus de démocratie et du bien-être de tous les ont quittés depuis belle
lurette. Des intérêts immédiats, égocentriques et éphémères ont empoisonné et emprisonnent leur âme, pourtant destinée à mener le
pays vers des horizons meilleurs. Le résultat est que la plupart des cadres universitaires congolais d’aujourd’hui continuent à se faire mener par le bout du nez et par tout venu ayant le pouvoir…
et perdent chaque fois le contrôle devant l’odeur des billets de banque…Mais ça, c’est une autre paire de manche. Néanmoins, quoi qu’il en coûte, l’étudiant aujourd’hui est clochardisé et rien ou personne ne lui rappelle son rôle. Alors, comme personne ne lui dresse une politique véritable pour lui montrer le chemin de la vérité sociale congolaise, telle une rivière, il s’oriente sinueusement. Et dans ses élucubrations des cerfs-volants, il considère haut sa survie au détriment de son institution universitaire et de la société.
Ainsi, le voilà s’accrocher à une décision ministérielle unilatérale et impopulaire qui risque d’hypothéquer tout l’avenir de son année
universitaire. Il est vrai qu’avec un taux aussi bas que ridicule fixé par un ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire est susceptible de provoquer de l’incompréhension et de déclencher le courroux ou l’ire, et des étudiants, et des enseignants.
Triste ! Rien d’anormal donc que l’on assiste à une mi-session en troubles.

La Rédaction

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