Aux grands maux des grands remèdes.

Quelques pistes de solutions sont envisagées par le groupe d’Universitaires du Sud Kivu en rapport avec les conséquences du procès de cent jours, hors normes pour Vital Kamerhe.

Parmi les pistes de solutions envisagées, le doctorant Musamba Josaphat pense qu’il faut suspendre les poursuites judiciaires des acteurs politiques pendant la période de l’état d’urgence. Egalement, – laisser à la cour des comptes la possibilité de faire son travail tel que prévu par la constitution de notre pays et n’envisager les poursuites dans ce dossier que sur base de son rapport.

Faisant corps, Maheshe Musole Trésor, Mudinga Emery, Muhinduka Dieudonné, Muzalia Godefroid, Nshagali B. Georges, Nyaluma M. Arnold et Zihalirwa Aline, tous professeurs d’universités, proposent à travers les pistes de solutions, le fait de – diligenter un audit externe par une équipe mixte et indépendante (société civile, confessions religieuses…) dont la responsabilité reviendrait aux experts internationaux.

Procéder identiquement par la libération provisoire de tous les prévenus dans ce dossier en attendant le rapport d’audit national et/ou des conclusions de la cour des comptes qui pourra servir de base pour établir la responsabilité de chacun dans le Programme de 100 jours.

Tout en restant attentifs au respect des droits de l’homme et aux acquis de la démocratie, il est important de se focaliser sur les aspects positifs de l’Etat d’urgence décrété en vue d’une meilleure gestion sanitaire de la Covid-19 pour éviter tout amalgame avec une récupération politique de ce procès apte à utiliser la justice comme un instrument de légitimation des règlements des comptes entre les hommes politiques qui voient 2023 pointer à l’horizon en les prenant au dépourvu et qui refusent de considérer cette année comme un espace partagé.

Ils recommandent également de « capitaliser les recommandations, les efforts et les actions pacificateurs de la communauté internationale pour ne pas faire de notre pays un lit des injustices, de clientélisme et de tribalisme qui constituent à la fois un terrain fertile et une bonne semence du séparatisme, du sécessionnisme et de la balkanisation longtemps décriés ».

Dans la panoplie des pistes de solution, ces enseignants soucieux de l’avenir de la RDC pensent que loin de tout négationnisme forcené, il faut reconnaître les efforts de certains de nos hommes politiques qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes dans la pacification de notre pays (depuis San City jusqu’aux accords de la Saint Sylvestre en passant par ceux de Goma) et les consacrer comme patrimoines communs de la nation sans les condamner à priori par le mensonge mais les protéger par la vérité pour l’avènement d’un peuple réconcilié avec lui-même et des dirigeants qui se laissent réconcilier.

« Qu’il s’agisse de Simon Kimbangu, de Mahamba ou de Mandela, l’histoire retiendra que la liquidation d’adversaire politique par voie judiciaire finit par se retourner contre son auteur, ajoutant que les pasteurs, artisans de la justice et de la paix, notre Eglise-famille experte en humanité doit continuer à jouer son rôle prophétique et à concrétiser son témoignage de la charité sociale en résistant aux sollicitations de complicité de la part d’une classe politique prête à museler impitoyablement toutes les couches de la population en profitant sadiquement du contexte sanitaire du moment qui nous confine certes physiquement sans confiner notre foi et notre espérance en Dieu, nos intelligences, nos valeurs partagées et notre humanité commune », ajoute le PhD. Mudinga Mushagalusa.

Si importantes soient-elles, les actions posées en toute neutralité et en tout respect de la souveraineté nationale peuvent s’avérer à la longue, létales pour le pays, surtout lorsqu’on considère la situation sécuritaire à l’Est qui peut s’avérer à la longue explosive pour la sous-région et surcharger encore une fois les consciences internationales et transnationales qui admettraient qu’elles étaient témoins de la dégradation progressive de la situation alors que les jalons pour l’application du principe d’ingérence étaient solidement posés.

Il sied de signaler qu’un document contenant la réflexion des universitaires du Sud Kivu a été publié depuis le 07 juin 2020. La préparation de son contenu a connu aussi le concours du professeur Cubaka Kabagale Alfred ainsi que des assistants Bashona Cimanuka André et Mulumeoderwa Bukwanane Alain.

Egide Kitumaini

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