Les femmes de Beni entre coups de feu et virus Ebola

Les doutes qui planaient autour de la propagation du virus se sont révélées d’une pertinence sans égal dans
la province du Nord-Kivu. L’épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui sévit dans l’est de la Rd Congo a
franchi les lignes rebelles dans lesquelles opèrent les Adf Nalu.

Les doutes qui planaient autour de la propagation du virus se sont révélées d’une pertinence sans égal dans
la province du Nord-Kivu. L’épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui sévit dans l’est de la Rd Congo a
franchi les lignes rebelles dans lesquelles opèrent les Adf Nalu.

A Goma, capitale du Nord-Kivu, le centre hospitalier Bethsaida, géré par la Croix-Rouge, accueille
de nombreux blessés par balles. Parmi eux, plusieurs femmes qui ont subi les atrocités de la guerre et en sortent blessées. « Depuis miaoût 2017, les prises en charge ont augmenté. Cette structure médicale de 64 lits est passée à 92 lits », détaillait un personnel médical trouvé sur le lieu. Et les amputations y sont plutôt courantes.
Dans les couloirs de l’hôpital, des débats ont lieu entre garde malades. Une conclusion est tirée
: cet environnement Beni et ses environs est le coin le plus invivable de la République pour la femme congolaise depuis plusieurs années. Violences sexuelles, violences domestiques, ainsi que diverses autres affres de la guerre
et diverses mutilations sont citées comme en étant la cause.
Plus loin, on rencontre des femmes blessées par balles, dans l’enclos même de l’hôpital Bethsaida.
Visages misérables, elles racontent chacune leur calvaire. Car elles ont le malheur d’être originaires
d’une région terrorisée par les mystérieux Allied defence forces (Adf), de présumés islamistes
ougandais. A cela, Ebola vient s’ajouter Pour ce dixième épisode de l’épidémie, l’emplacement qu’avait investi
le virus se révélait très controversé, selon le personnel médical. Il s’agit en effet d’une zone de
situation géopolitique et ethnique caractérisée par l’insécurité, qui l’a conduit à vivre de graves atrocités.
Le 23 août dernier, dans la mi journée, un cas confirmé et un cas présumé étaient aussi été recensés
à Oicha, dans le nord de la province du Nord-Kivu, a déclaré le directeur général adjoint de l’Organisation
mondiale de la santé (Oms) en charge des réponses d’urgence, Peter Salama, lors d’une conférence
de presse à Genève (Suisse). Oicha n’est pas contrôlée par les rebelles, mais le territoire entourant
la ville est sous l’emprise de ces subversifs ougandais des Forces démocratiques alliées (Adf),
qui sont cités comme étant responsables présumés du massacre de plusieurs centaines de civils depuis
2014. « Pour la première fois, nous avons un cas confirmé (…) dans une zone de grande insécurité »,
a insisté Peter Salama devant les professionnels des médias. Le cas d’Oicha va compliquer la
lutte contre la nouvelle résurgence de l’épidémie, obligeant les personnels sanitaires et humanitaires
à travailler « dans un environnement très complexe », a encore relevé Peter Salama face à un reporter
de l’Agence France presse (Afp), expliquant notamment que les équipes onusiennes ne peuvent
se déplacer à Oicha qu’avec une escorte armée. Selon le haut responsable onusien, un grand nombre de civils ont
été tués lors de troubles dans les environs de cette cité et des travailleurs humanitaires, des prêtres,
ainsi que des employés du gouvernement sont actuellement retenus en otage par ces rebelles.
« Nous sommes à un moment charnière » dans la lutte contre l’épidémie, a-t-il conclu. Ajoutant :
« Nous sommes vraiment à la croisée des chemins. »

Pacifique Muliri

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