Les journalistes cheffes

Quatorze pour cent de femmes contre 86 % d’hommes occupent le poste de directeur dans les médias de la province du Sud-Kivu. Quant aux tâches de  réceptionniste, il y a 60 % de dames et 40 % de messieurs. Ces statistiques ressortent de l’enquête que l’Association des femmes des médias (Afem) vient de mener auprès d’un large échantillon des radios, radios-clubs et noyaux clubs d’écoute dans les milieux urbains et ruraux, et ce, avec l’appui de la Coopération suisse. Les responsables des médias admettent que les hommes sont mieux positionnés que les hommes, les écarts étant moins significatifs au bas de l’échelle des postes de réceptionnistes. Et ces résultats incitent les confrères à monter des nouvelles stratégies pour promouvoir et honorer les consoeurs méritantes. La charte pour l’équité du genre dans les médias élaborée en 2014 vient d’être adoptée. Une poignée de dames se retrouvent directrices, chefs des programmes ou secrétaires de rédaction. D’autres bénéficient des séances de renforcement des capacités. Ces professionnels de l’information ne vivent pas sur la planète Mars mais sur la Terre et en République démocratique du Congo au 21ème siècle. Ils s’efforcent de concrétiser l’article 14 de la constitution qui prône la représentation équitable de 50 % des hommes et femmes dans les instances de décision et éventuels textes réglementaires qui réduiraient ce quota à 30 %.

Les confrères et consoeurs semblent plus concrets et plus solidaires que les politiciens, par exemple. Les femmes politiques se sentent marginalisées. La société leur colle des stéréotypes. Pis encore, il semble qu’elles ne s’aiment pas. Elles n’admettent pas que leurs congénères réussissent socialement ou soient promues. Les candidates s’intéressaient plus à l’électorat masculin, au détriment de l’électorat féminin. Si elles se sous-estiment mutuellement, à combien plus forte raison les hommes le feraient à leur endroit. L’histoire de la répartition des tâches entre les hommes et les femmes remonte dans la nuit des temps. Jadis, les Hébreux ne comptaient pas les filles d’Eve dans les recensements. Les Grecs et les Romains les enfermaient dans les gynécées, des appartements leur réservés dans les maisons.

Au Sud-Kivu, elles ne pouvaient pas commettre le sacrilège de violer les cases où les hommes boivent et palabrent. Leurs rôles se limitaient à la garde des enfants, à préparer les aliments dans la cuisine et à cultiver les champs. Le 21ème siècle voudrait faire tourner la roue en sens inverse. Les vocables genre, parité, violences faites à la femme sont à la mode.

Dieudonné Malekera

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