Kalehe: Les pères forcent leurs filles à épouser ceux qui les engrossent

Contre son gré, la fille enceinte est obligée d’aller vivre avec l’auteur de la grossesse. Les pères l’ordonnent et les mères le regrettent. Les associations des droits de la femme s’énervent. Les mariages forcés violent les prescrits du code de la famille.

« Quand j’ai été engrossée, papa m’a chassée de la maison. Je vis avec l’homme qui m’a enceinte et que je n’ai jamais aimé », sanglote  Nabintu Furaha, âgée de 20 ans à Rambo, un village du territoire de Kalehe.  Beaucoup de jeunes femmes rendues grosses sont ainsi obligées d’aller vivre en mariage forcé ou en une union précaire avec leurs petits amis. « Nous documentons plusieurs mariages forcés. Une fille  tombe enceinte par imprudence et attrape une grossesse indésirable.  Son père l’oblige d’aller vivre dans sa belle famille », explique le président de la société civile de Kalonge, Shasha Rubenga.

Une femme cinquantenaire de Rambo reconnaît que le fille engrossée est obligée d’aller chez le garçon contre son gré.  « Nos maris nous tabassent parce que nous voulons protéger nos enfants. On ne peut pas se marier à quelqu’un qu’on n’aime pas », fulmine une femme de ménage, Francine Buhendwa.

Pour les femmes de Rambo, ces types des mariages violent les prescrits du code de la famille. « Aux termes de l’article 402 de cette loi, est nul le mariage contracté sans le consentement de l’un des époux.  Une personne qui a contracté un mariage sous l’emprise de la violence ou par suite d’une erreur sur une qualité essentielle, physique, civile ou morale  de l’un des époux peut en demander l’annulation. Le mariage ne peut plus être attaqué six mois après que la violence a pris fin ou que l’erreur a été découverte et deux ans après que le mariage a été célébré »,  explique effectivement l’activiste des droits des femmes,   Dominique Kamuandu.  Il souligne que l’efficacité de la loi dépend de la volonté des victimes de signaler le crime.

L’association Fondation Kalehe Kwetu (Fokak) affirme que  la pauvreté est à la base de cette violation de droits humains. Il y a des mensonges au sein des familles pour avantager celles qui ont peu de moyens. Les habitants de Rambo proposent qu’il ait plus de sensibilisation  dans la communauté pour aider et sauver  les familles en difficultés.

Trésor Ilanga

 

 

 

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